À bientôt

Jeudi 18 Janvier 2018

Calendrier des activités

Janvier 2018
D L Ma Me J V S
31 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31 1 2 3

Devenez Publicitaire

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Faire un don

Easy Joomla Paypal Payment / Donations Module

Statistiques du site

  • Unique Visits Today57
  • Unique Visits Yesterday41
  • Visits This Week176
  • Visits Previous Week337

Activité en ligne

Nous avons 93 invités et aucun membre en ligne

MySpaceMySpace

Entrevue avec L.P. Lauzon

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Léo-Paul LauzonDans une de ses chroniques réunies dans Contes et Comptes, le professeur Léo-Paul Lauzon écrit :

« Il ne peut y avoir de véritable liberté si la société ne peut assurer à tous l’accessibilité universelle aux biens sociaux premiers. Cela, nous dit-il, fait partie intégrante du contrat social de la solidarité » (Contes et Comptes III, p. 138).

L’accessibilité universelle, en avons-nous les moyens? Lauzon estime que oui. Mais à condition que les gouvernements ne persistent pas, avec la complicité du patronat, à  priver l’État des recettes fiscales en refusant de taxer la richesse privée. Pour Lauzon, si l’accessibilité ne peut pas s’accomplir au Québec, c’est la faute à ceux qu’il qualifie de  petits crétins qui essaient de faire peur au monde en nous faisant passer pour de dangereux « communishes » et des « utopishes ».

Nous l’avons rencontré pour parler de l’économie sociale considérée par certains comme un précieux outil de redistribution. Il n’y voit que mascarade, fuite des responsabilités et désengagement de l’État.

Vents croisés : Monsieur Lauzon, pensez-vous que nous allons vers un meilleur contrat de solidarité avec le concept de l’économie sociale?
Léo-Paul Lauzon : Je ne suis pas d’accord avec la politique de l’économie sociale puisqu’elle n’est qu’un leurre, un leurre fabriqué par les gouvernements  pour désengager l’État de sa mission première.
Vous n’avez qu’à bien observer : d’un côté l’économie formelle (les compagnies automobiles, les banques, les mines, etc.) reçoit tout le soutien des fonds publics et, de l’autre, une main d’œuvre abondante est transférée à l’économie sociale. L’État transfère à l’économie sociale des gens qu’il ne veut pas avoir comme employés et des secteurs pour lesquels il ne voudrait assumer aucune responsabilité. Il refile à l’économie sociale des travailleurs qui deviennent des pigistes, des autonomes ou des surnuméraires; il les condamne à être sous-payés et sans conditions de travail.
Quand on parle de l’économie sociale, on doit penser, par exemple, à l’aide aux personnes âgées, l’aide dans les ménages pour des personnes malades, etc. des services qui auraient dû être pris en charge par l’État. Mais ce n’est pas le cas. Ils sont à la charge des organismes. Or ces organismes sont obligés d’arrondir leur fin du mois en allant chercher des subventions privées. Et l’on peut s’imaginer quelles contraintes cette situation leur impose : il faut mesurer ses mots ou ne pas dire du tout ce que l’on pense.
VCR. : Autrement dit, le pays a tout ce qu’il faut pour une économie solidaire, mais nous n’avons pas de gouvernement qui puisse nous en faire bénéficier…
LPL : Prenons juste l’exemple des CLD; on leur donne la charge de financer les petites entreprises alors que les banques ne veulent pas le faire. Les banques viennent de recevoir 200 milliards de soutien gouvernemental, mais comme elles ne prêtent pas aux petites entreprises, cela devient une mission des CLD.
Si je considère le domaine bancaire, je dirai donc qu’on nous demande de collectivement nous limiter à soutenir des activités non rentables tandis que le gratin s’abreuve de nos fonds publics.
Les citoyens ne peuvent même pas s’imaginer les ressources dont ils sont dépossédés. Il n’y a qu’à voir qui finance les contrats des compagnies comme SNC Lavalin en Afrique, en Asie et ailleurs; c’est Exportation & Financement Canada . Nous avons la Société de développement du Canada, la Société de financement agricole, la Société générale de financement, la Société canadienne d’Hypothèques et de logement (qui finance les premiers achats), etc.
Comment s’imaginer tous les soutiens garantis aux banques? Même quand elles prennent des risques démesurés (comme dans le cas des papiers commerciaux), l’État est toujours là pour les épauler.  Même les banques formelles ont des fonds régionaux. Ils peuvent prêter, car ils ont la garantie de l’État, comme c’est le cas pour la SCHL ou les banques qui accordent les prêts étudiants. Ceux-ci proviennent directement des banques mais ils sont garantis par l’État.
Bref, je ne veux rien savoir d’un système qui a abandonné sa vocation au profit du gratin. Les riches ne veulent qu’un État minimal; ils ne cherchent qu’à accaparer tous nos outils économiques. Il est inconcevable que l’État laisse les banques continuer de nous arnaquer avec des cartes de crédit, des frais bancaires et qu’il nous limite à tous les risques que les banques ne veulent pas prendre. Il faut qu’on arrête de faire le dindon de la farce.  On ne réduit pas la pauvreté avec les soupes populaires, les banques alimentaires ou les commerces équitables. Je ne veux pas voir de la charité privée ; je vais qu’on parle de juste partage de ressources.

VCR. Dans ce cas, l’avenir n’est pas dans les structures qui sont les nôtres.
LPL : Il faut commencer par dire non à l’économie sociale.
La vérité est qu’on parle d’économie sociale parce qu’il n’y a pas un meilleur partage des ressources.
Ceci dit, le socialisme est la planche de salut. Je suis socialiste, je veux des changements structuraux, un partage équitable de la richesse qui est la plus value de notre travail.
Comme je viens de le dire, je n’aime pas entendre parler de charité ou des paniers de Noël. Tout cela me pue au nez. Pour moi, vivre selon la parole du Christ, c’est  faire appel à des valeurs que seul peut défendre le socialisme. Je suis de cet extrême-là, si vous voulez. Je crois dans le rôle de l’État et que c’est sa responsabilité d’aider les personnes malades, les personnes âgées, etc.

VCR :  Les investissements en vue de la gratuité scolaire, des assurances universelles en santé, l’aide aux nouveaux-arrivants, etc. Comment démontre-t-on  qu’il ne s’agit pas que  de  dépenses nettes ?
LPL : Dans ce cas, prenons un autre exemple. Quand le Québec investit dans les festivals du Jazz, festival Juste pour rire, etc. Est-il, oui ou non, plus dépensier que quand il investit en santé ou en éducation?
Que représente votre liberté lorsque la maladie vous terrasse au moment où vous ne pouvez compter sur personne et sur aucun service disponible? Qu’est-ce que la liberté pour les 50 millions d’Américains qui sont sur le mode d’assurances privées. C’est là, aux États-Unis, qu’on trouve des gens sous-alimentés, opprimés, malades, etc. C’est là qu’on parle du taux le plus élevé des suicides, des chaises électriques, parce que des personnes désespérées finissent par devenir des criminels. Le taux de mortalité infantile y est plus élevé qu’à Cuba. Parce que, quand l’enfant tombe malade, les parents attendent longtemps avant d’envisager une visite médicale qui leur coûte de l’argent. Même en ayant une assurance, cela dépend encore de la maladie. Que fait, en fait, celui qui souffre d’un cancer?
C’est pour cela que je parle de l’importance d’un meilleur partage.
Je prendrai toujours l’exemple de Cuba. Quand je regarde ce pays, j’ai envie d’y faire des enfants. L’homme qu’on appelle dictateur a instruit son peuple –Cuba est un des pays les plus instruits au  monde. C’est là qu’on trouve des centenaires.
Qu’on arrête de nous crier aux oreilles les impératifs de « retombées économiques » et qu’on arrête de mettre tout notre argent dans les festivals (Rozon, Delanoe, etc. ) subventionnés à tour de bras.
C’est pour ça que je dis non à l’économie sociale et que ça nous prend un gouvernement socialiste.
VCR. : Trouvez-vous curieux qu’il n’y ait pas, en tant que tel,  de parti socialiste au Québec aujourd’hui?
LPL. Oui, mais je sais que l’étiquette « socialiste » fait peur aux Canadiens. Et l’on peut voir là toute notre aliénation. Nous en sommes à adopter des mesures qui jouent contre nous.  Par stratégie, au Québec, aucun parti politique n’a osé porter le nom de « Parti socialiste ». Aucun, qu’il s’agisse du Rassemblement pour un Québec solidaire, du Nouveau parti démocratique ou du Parti Québécois. Des gens pensent encore ici en Amérique du nord que les socialistes mangent les enfants!
Vous n’avez qu’à voir les réactions de peur que suscitent les quelques réformes en santé initiées par Obama aux États-Unis. Des citoyens américains affirment sans rire que ces réformes les condamnent à la mort.
Il faut voir comment de puissants intérêts, avec des cliniques privées, des  médecins privés, des compagnies d’assurances privées, etc. peuvent travailler à diaboliser toute idée de changement social.
VCR : La méfiance est peut-être due au fait qu’on n’a jamais vu le socialisme à l’œuvre dans ce pays.
LPL : On sait pourtant qu’en Allemagne, en France… des socialistes ont joué de grands rôles au gouvernement.
Regardez partout en Amérique latine. Plusieurs pays trouvent maintenant le moyen de se sortir du bourbier. Ils vont bientôt en finir avec l’exploitation et la domination occidentale : en Bolivie avec Morales, à l’Équateur avec Rafael Correa, au Vénézuela avec Hugo Chavez (même si on essaie de le diaboliser), au Paraguay où le miracle tient de la théorie de la libération et  au Nicaragua. Mis à part les pays satellites des Américains, comme la Colombie, le Pérou,  etc., aucun pays du sud ne s’en sortira sans gouvernement socialiste.
VCR. : Qu’est-ce qu’un contrat social de solidarité pour M/Mme Tout le monde, selon Léo-Paul Lauzon?
LPL :  Un Contrat social de solidarité? C’est simple, c’est le socialisme! Je ne dis pas « à bas les règles » ou « à bas les profits! », mais je parle d’un système socialiste, i.e. un système où il y aura un meilleur partage de nos propres ressources naturelles, de nos services publics, de la plus value de notre travail. Bâtir un contrat social de solidarité, c’est mettre fin aux conditions où les travailleurs de l’industrie sont sous-payés, n’ont pas d’avantages sociaux, pendant que les dirigeants  roulent sur l’or, accaparent tous les fruits de l’effort collectif.
VCR : Dans vos récents écrits, vous parlez d’« assurer la gratuité scolaire sans se fatiguer ». Comment envisagez-vous cela?
LPL : Il faut chercher l’argent là où il le faut, dans ces grandes compagnies pharmaceutiques et minières. Il faut mettre fin à un système aussi hypocrite que le nôtre qui fonctionne avec des lobbies. Ces derniers font élire des chefs qu’ils sont en mesure de virer à la moindre tentative de respecter les normes fiscales. Et comme ils contrôlent les médias, ils peuvent continuer de faire peur au monde.
Avec cette hypocrisie, nous avons ¼ seulement des Québécois qui cotisent au REER. Le REER est un système hypocrite parce qu’il comprend des cotisations non imposables. Il est inacceptable quand on considère ce que les riches peuvent y mettre.
C’est pour cela que je dis : abolissons les REER et élevons l’Épargne-retraites.
Par ailleurs, les frais scolaires sont augmentés et on nous parle d’Épargnes-Études de 5000$ par année. Mais combien de Québécois en sont-ils capables ?
Il nous faut, à mon avis, des mesures plus justes. Notez que nous sommes imposés sur la consommation, mais les riches ne consomment presque rien par rapport à leur revenu. Le revenu d’emploi est taxé à 100% tandis que le revenu en capitaux est taxé à 50%. Pendant que notre revenu d’emploi est ainsi taxé, les PDG, grassement payés, bénéficient aussi des Options d’actions non taxables. Il n’y a pas meilleure façon pour un État de diviser les citoyens en bourgeois et en démunis.
Quand les gens refusent la charité, c’est par dignité. Des individus gagnent des millions et font travailler les autres à quelques sous sans aucune pitié. Il faut pratiquement se tuer au travail pendant que d’autres se plaisent dans des scandales. Nous disons non à la charité et oui au partage.
VCR. Cela dit, comment expliquez-vous la crise financière en quelques mots?
LPL : Elle est le fait des dirigeants des banques qui visaient des profits à court terme et investissaient à très court terme. Les gouvernements ont aussi leur part de responsabilité, car ils n’imposent pas ce qu’il faut imposer. Taxer les capitaux à seulement 50%, cela encourage l’accumulation.
Nos politiques fiscales encouragent la spéculation et de moins en moins le travail.
Elles encouragent l’individualisme dans le sens où un actionnaire de la Banque de Montréal, par exemple, applaudit quand on licencie des travailleurs; en fait, il ne regarde qu’à ses profits.
VCR. Le nationalisme n’est-il pas la solution?
LPL. Oui, mais il faut penser nationalisme en terme d’avoir un Québec et un Canada souverain. Avec les Landry, Chevrette, Facal, Bouchard, nous allions malheureusement devenir une colonie des États-Unis. Ils vont même jusqu’à proposer au Canada l’adoption du dollar américain. Ce ne sont pas des Canadiens anglais qui nous ont dit de vendre Biochem Pharma, Cambiar, Provigo,etc.
Propos recueillis par S. K. Katchelewa
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

MySpaceMySpace

logo nous avons lu2

Les éditions passées

no_30.jpg

Suggestions de lecture

l'humanitaire

 


 

Open source productions