À bientôt

Samedi 16 Décembre 2017

Calendrier des activités

Décembre 2017
D L Ma Me J V S
26 27 28 29 30 1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31 1 2 3 4 5 6

Devenez Publicitaire

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Faire un don

Easy Joomla Paypal Payment / Donations Module

Statistiques du site

  • Unique Visits Today71
  • Unique Visits Yesterday43
  • Visits This Week257
  • Visits Previous Week247

Activité en ligne

Nous avons 58 invités et aucun membre en ligne

MySpaceMySpace

Inégalités sociales et exclusion

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

L’inégalité sociale a connu une forte croissance au cours des dernières années. C’est un thème dont on se préoccupe et dont on parle fréquemment dans les médias. On peut l’aborder sous plusieurs angles différents rendant son étude complexe et laborieuse. J’ai choisi deux angles d’attaque. Dans la première partie, je vais tenter de cerner le contexte socio-économique ayant contribué à sa forte croissance. Dans la seconde partie, je vais essayer d’expliquer comment l’inégalité conduit à l’exclusion sociale.

I : Le contexte socio-économique

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, on a assisté dans les pays occidentaux à une hausse notable et constante du niveau de vie des citoyens. Les sociologues ont nommé cette période « les Trente Glorieuses ». Elle débute après la 2e Guerre mondiale pour se terminer au début des années 70 lors de la crise pétrolière. Cette hausse constante est en grande partie attribuable aux gigantesques chantiers mis sur pied dans le but de reconstruire les pays dévastés parla guerre. La prospérité des pays occidentaux va s’étirer sur une trentaine d’années et contribuer à diminuer l’écart entre les citoyens plus riches et ceux plus pauvres. Une véritable classe moyenne a pu prendre place. Malheureusement la crise pétrolière des années 70 est venue stopper cette avancée pour plonger les pays industrialisés dans un marasme économique. Des crises financières successives au début des années 80 et 90 vont créer de gigantesques changements économiques et sociaux. La mondialisation des échanges économiques et commerciaux va s’accentuer et le monde du travail va subir de profonds bouleversements.
Ces crises financières successives auront de lourdes conséquences sur le climat d’inégalité sociale qui connait une croissance effrénée depuis. Tout d’abord de nombreuses entreprises, particulièrement les grandes, vont procéder à des changements majeurs dans un objectif de hausse de la productivité et de la rentabilité organisationnelle. D’autre part dans nos sociétés industrialisées va se produire un changement structurel majeur du monde du travail.

Hausse de la productivité et de la rentabilité

Les crises financières des années 80 touchent tous les pays occidentaux. Le taux de croissance économique est faible alors que le taux de chômage dépasse les 10 % au Canada. Les dirigeants d’entreprises sont de plus en plus préoccupés par la productivité et la rentabilité de leurs opérations. Il faut avouer que la majorité des grandes entreprises sont inscrites sur les marchés boursiers. Elles répondent aux dictats de ces marchés qui demandent toujours plus de rentabilité. Il ne suffit plus de faire des profits. Il faut maintenant faire plus de profits que l’année précédente. La valeur de l’action de l’entreprise est devenue le nouveau maître du jeu. Si les résultats financiers ne sont pas conformes aux prévisions, l’action perdra de sa valeur. Cela a pour effet de déprécier l’entreprise. De plus, une partie toujours plus importante de la rémunération des cadres dirigeants est liée à la valeur de l’action.
Les entreprises vont globalement utiliser trois stratégies distinctes et complémentaires pour répondre aux enjeux. La première consiste à la mise en place de nouvelles technologies qui va permettre l’informatisation des processus et une automatisation des tâches accentuant la productivité des opérations. On réaménage les processus administratifs dans le but de supprimer les postes de cadres intermédiaires. Cette mesure va contribuer à alléger la structure organisationnelle, diminuant d’autant la masse salariale. Finalement on entreprend la délocalisation de la fabrication principalement dans les pays asiatiques où la rémunération des salariés est beaucoup moindre. De plus, il convient de préciser que la règlementation concernant le travail est beaucoup moins élaborée dans ces pays sinon presque inexistante. La délocalisation est devenue une stratégie d’entreprise permettant de hausser les profits puisque l’on profite d’une main-d’œuvre à rabais. Les mouvements syndicaux sont aussi embryonnaires, voire inexistants.

Modifications profondes du monde du travail

Les stratégies organisationnelles mises en place vont créer des millions de chômeurs de plus. Ces derniers sont souvent des travailleurs peu qualifiés ayant acquis des compétences difficilement transférables puisqu’elles sont directement liées aux tâches que l’individu occupait dans l’entreprise qui le met à pied.
À un niveau plus global, les emplois liés à la fabrication ont été délocalisés en grande partie. L’économie des pays industrialisés est devenue une économie de service. La quête d’un emploi exige dorénavant d’être éduqué et de détenir des compétences dans les nouveaux secteurs de pointe notamment l’informatique. Le travailleur qui œuvrait à l’usine est particulièrement désavantagé puisqu’il ne détient ni l’un ni l’autre.
À compter des années 80, il n’y a pas de réelle croissance des salaires des individus. La hausse suit le taux d’inflation. L’augmentation du niveau de vie des ménages est attribuable à l’entrée massive des femmes dans le marché du travail et à l’utilisation du crédit. Pour les plus âgés d’entre nous, on se souvient de la mise en marché des cartes de crédit par les institutions financières et des nouvelles stratégies promotionnelles des commerces : « Profitez de notre offre à rabais et payez plus tard ! »
Pourtant ces changements sont en train de provoquer des bouleversements pernicieux dans notre climat social. Ils ne sont pas encore tout à fait visibles, mais ils sont en train de saper l’harmonie sociale.

II : Où l’inégalité conduit à l’exclusion sociale

Chaque être humain est unique. Nous sommes tous différents les uns des autres. Différences physiques, différences culturelles, différences de mode de vie nous distinguent tous. Toutefois, c’est à partir du moment où l’on se met à mesurer ces différences, ces écarts comme certains diraient que l’on entre dans le domaine de l’inégalité. Celle dont on parle le plus souvent est liée à l’argent, inégalité de richesse, inégalité de revenus. Pourtant je voudrais vous entretenir d’une forme d’inégalité encore plus pernicieuse et qui prend de plus en plus de place dans nos sociétés : l’exclusion sociale.
Nous avons vu dans la première partie qu’à compter des années 80, de profonds changements sont survenus au sein des entreprises. On pense notamment à la délocalisation des activités de fabrication qui a contribué à diminuer le secteur économique de la fabrication au profit du secteur des services. Ces changements sont venus altérer la structure du monde du travail de nos sociétés.
C’est également à compter des années 80 que les inégalités en matière de revenus et de richesse ont pris leur envol. Pourtant au cours des « Trente glorieuses » était en cours une baisse constante dans les écarts de revenus entre les citoyens les plus riches et les plus pauvres.

L’intégration sociale par le travail

Dans les années d’après-guerre, la société est relativement homogène et le système social et économique est fondé sur la participation des individus au travail. Les travaux de Durkheim avaient démontré que les sociétés modernes s’organisent autour de la division du travail social. Il existe une forte complémentarité entre différentes fonctions sociales assumées par les travailleurs. L’interdépendance solidaire entre les individus inclus dans la sphère du travail fait en sorte que chacun participe au processus d’échange social par le travail. Ce mécanisme assure la cohésion et l’harmonie de la société.
Rupture de l’interdépendance des individus et naissance de l’exclusion sociale
À compter des années 80 se produit une rupture du processus d’interdépendance des individus. D’une part la société devient plus hétérogène. Selon le sociologue Alain Touraine, alors qu’auparavant l’individu dans la société industrielle se situait en haut ou en bas, maintenant dans la société post-industrielle il est en dedans ou en dehors.
 Cette rupture est attribuable à un changement structurel du monde du travail. Les emplois se spécialisent davantage présentant une structure en silo. Dans cette société de services où les activités de fabrication ont été dans une large mesure délocalisées, les travailleurs doivent acquérir un bagage de compétences et de connaissances.
Ces nouvelles réalités font en sorte qu’émerge de plus en plus une classe d’exclus composant près du tiers de la main d’œuvre valide. Ces travailleurs doivent cumuler les petits boulots souvent à temps partiel et à durée fixe. Le phénomène d’appartenance et d’engagement du travailleur envers une organisation disparaît. La rémunération de ces travailleurs demeure faible, voisine du salaire minimum et ils n’ont pas accès à un programme de pension. Cette situation d’emploi précaire fait en sorte que leur statut dans la société est peu reconnu entraînant un faible estime d’eux-mêmes. Le phénomène de contribution à la société par lequel se produit le mécanisme d’échange social fait maintenant place à un individu qui est devenu un poids pour la société.

Exclus à vie ?

Il est maintenant permis de se demander si l’étiquette d’exclus est temporaire ou permanente. Le travailleur qui se retrouve en dehors du système peut-il revenir dans le système ?
La société post-industrielle étant une société de marché, il en va de même au niveau de l’emploi. C’est donc dire que pour revenir dans le système, l’individu fera nécessairement face à une concurrence. De plus il devra obligatoirement acquérir certaines connaissances et compétences. Cela peut très bien se faire par la maîtrise d’un nouveau métier. Une chose est sûre : le travailleur doit obtenir une aide et une assistance de l’État et des institutions en place pouvant prendre la forme d’une orientation dans des métiers porteurs d’emplois et dans une formation adéquate.

MySpaceMySpace

logo nous avons lu2

Les éditions passées

no_29.jpg

Suggestions de lecture

l'humanitaire

 


 

Open source productions