À bientôt

Jeudi 29 Juin 2017

Calendrier des activités

Juin 2017
D L Ma Me J V S
28 29 30 31 1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 1

Devenez Publicitaire

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Faire un don

Easy Joomla Paypal Payment / Donations Module

Statistiques du site

  • Unique Visits Today39
  • Unique Visits Yesterday50
  • Visits This Week232
  • Visits Previous Week201

Activité en ligne

Nous avons 80 invités et aucun membre en ligne

MySpaceMySpace

À qui appartiennent les terres ?

Note utilisateur:  / 0

L’accès à la terre est un droit fondamental pour tous, au même titre que l’accès à l’eau, à l’air, à un revenu décent, à l’éducation et aux soins de santé.

Malheureusement, une série de facteurs, circonstances et prises de décisions complexes font que la terre est de moins en moins accessible, tant pour la relève en agriculture, que pour les jeunes en général. Que se passe-t-il ?

Dans un premier temps, cet article décrit brièvement la situation telle qu’elle se vit dans plusieurs de nos villages québécois et ailleurs au Canada. Dans la partie finale, il tente un rapprochement qui permet d’identifier sur le plan international les mêmes mécanismes de précarisation des campagnes et la spéculation sur les terres.

La dépossession

Plusieurs de nos villages et régions rurales ont connu une désindustrialisation soutenue depuis les 20 ou 30 dernières années, entraînant un appauvrissement des régions et accentuant l’exode rural. Cette désindustrialisation s’est faite par la délocalisation, c’est-à-dire la fermeture d’usines au Québec pour les réimplanter dans des régions du monde où les salaires sont moins élevés et les syndicats inexistants.

Au niveau agroalimentaire nous constatons la même tendance : l’agriculture industrielle a été constamment privilégiée, avec une concentration importante des terres agricoles dans des fermes de plus en plus grandes (120 000 fermes en 1975, 30 000 aujourd’hui). Concentration des quotas aussi, mais par ailleurs surendettement de ces mêmes fermiers qu’on appelle maintenant producteurs agricoles ; prolétarisation de travailleurs précédemment autonomes : les banques deviennent propriétaires de fait, et les fermiers se paient des salaires dans leur propre entreprise.

Je n’aborde pas les impacts de l’industrialisation de l’agriculture sur l’environnement et la qualité de la nourriture ainsi produite.

Un jeune né sur une ferme est dorénavant dans l’incapacité de prendre la relève, n’ayant pas les moyens de racheter la dette, sans parler du prix de la terre et des quotas. Les fermiers qui prennent leur retraite n’ont pas de fonds de pension, sauf leur «fonds foncier». Ils sont donc tentés de vendre leur ferme au plus offrant, soit à des investisseurs, ou même les banques, qui considèrent la terre comme un placement sûr, en contraste avec les bulles et crashs boursiers récents. En Saskatchewan, des superficies énormes sont maintenant détenues par des financiers ou des institutions financières qui louent leurs terres aux fermiers. Mais comme tout est financiarisé, ces investisseurs décident également des cultures les plus rentables que le fermier doit cultiver, selon la demande du marché mondial…

Le producteur agricole devient un simple ouvrier sur ses propres terres; son savoir et savoir-faire ne sont plus pris en considération puisque c’est la logique du rendement financier qui prime. Les besoins locaux de la population ne sont plus pertinents dans les décisions sur les cultures et les élevages à développer selon la demande du marché mondial. À un niveau moindre, nous constatons la même tendance au Québec, où la Banque Nationale rachète systématiquement des terres agricoles, et des fermiers prenant leur retraite sont heureux de réaliser leur fonds de pension en vendant à un investisseur.

Le choix de l’industrialisation de l’agriculture a pour conséquence que presque toutes les ressources sont consacrées à ce type de production agricole, et que les petites entreprises, les entreprises familiales, ou les jeunes qui veulent démarrer dans l’agrobiologie, sont sous-financés.

La conversion forcée… la précarisation

Devant la désindustrialisation, plusieurs villages et régions rurales ont eu recours au développement du tourisme. Malheureusement, dans les cas où c’est le seul créneau d’emploi à côté des commerces, le tourisme n’offre que des emplois précaires : à temps partiel, au salaire minimum, et selon des horaires incompatibles avec une vie familiale. Ce ne sont pas des emplois qui permettent aux jeunes familles de s’établir. Dans les cas où le tourisme est complémentaire à d’autres activités économiques, la situation est plus intéressante. En corollaire, dans les régions touristiques, les jeunes retraités aiment s’y installer et profiter des beaux paysages.

L’embourgeoisement des villages signifie une augmentation de la valeur foncière, et l’augmentation des taxes municipales. D’une part, l’augmentation des prix contribue à rendre l’accès à la propriété plus difficile pour les jeunes familles. D’autre part, des personnes qui vivent depuis toujours sur leur propriété se voient acculées à les vendre, n’étant plus capables de payer les taxes foncières, qui ont explosé avec les prix. Enfin, ces villages sont souvent occupés en fin de semaine uniquement, ce qui ne permet pas aux commerces de survivre. Ici également on assiste à une spéculation sur la propriété foncière, qui rend son accès très difficile pour les jeunes, et en chasse les propriétaires légitimes moins nantis.

Le tourisme, en fin de compte, contribue à accentuer la spirale de l’appauvrissement des villages. Enfin, ironiquement, les personnes qui achètent à grand prix les propriétés pour jouir du paysage qu’ils aiment tant contribuent indirectement à détruire ce qu’ils ont recherché, puisqu’ils laissent le plus souvent les terres en friche. La forêt reprend le dessus, causant la perte des terres arables, mais également des paysages créés par des pratiques agroforestières qui ont souvent plus d’un siècle.

Voilà quelques exemples de ce qui se vit au Québec et dans plusieurs provinces du Canada, qui illustrent la complexité d’un processus dont la conséquence est de rendre l’accès à la terre de plus en plus difficile pour la plus grande partie de la population. Outre la financiarisation et la spéculation, nous voyons que certaines décisions structurantes, tant au niveau local que national, telles que le choix du type d’agriculture à promouvoir, influencent également négativement l’accès à la propriété pour l’ensemble de la population.

 

À l’échelle internationale, la même spéculation sur les terres

Au niveau international, on constate la même tendance. Je ne développerai qu’un seul exemple ici, celui de l’Éthiopie, pays d’Afrique de l’Est, 5e pays le plus pauvre au monde. J’y ai séjourné six mois au cours des années 2010 et 2011, dans un projet de développement de formation universitaire à l’Université d’Addis-Abeba, la capitale. L’Éthiopie a la particularité de ne jamais avoir été colonisée, situation à ma connaissance unique en Afrique, ce dont les Éthiopiens sont très fiers. Au cours des années 70, le Derg instaura un régime communiste, qui prit fin à la fin des années 90. Près de 80% de la population vit d’une production agricole de survie, dans une société qui vit encore en très grande partie sans argent.

Même si le régime politique a changé, les terres sont restées la propriété de l’État. À première vue, c’est plutôt une bonne nouvelle, puisqu’elles sont rendues accessibles gratuitement à la population. Cependant, l’État peut à tout moment chasser les petits fermiers en vue d’investissements internationaux, que ce soit industriel ou agroalimentaire.

En ce qui concerne les terres agricoles, on constate la vente de terres à des investisseurs étrangers : par exemple, les Saoudiens achètent de grandes quantités de terres afin d’y cultiver entre autres du riz, qui est exporté en totalité en Arabie Saoudite, qui n’est qu’un grand désert. De même les Chinois sont de plus en plus présents, tant au niveau du développement des infrastructures que pour la spéculation sur les terres. L’effet sur la population de cette situation, c’est qu’il y a de moins en moins de terres disponibles pour une population par ailleurs croissante, entre autres grâce à l’accessibilité de soins médicaux minimaux.

Une ferme familiale il y a une 20-aine d’années couvrait en moyenne 2,5 ha. Aujourd’hui, ce n’est plus que 1,5 ha, superficie insuffisante pour nourrir une famille. Donc une portion de plus en plus importante de la population vit dans une pauvreté extrême, ce qui alimente l’exode rural – les petits fermiers rejoignant les hordes de sans -abris des grands centres, phénomène courant dans les pays les plus pauvres.

Que deviennent ces personnes dans les centres urbains ? Le gouvernement ne crée pas d’emploi, et les services sociaux sont à peu près inexistants, à part quelques ONG. 1000 métiers, petits vendeurs, mendicité… Une vie de précarité dans la pauvreté extrême.

Cependant, malgré toute cette misère, il existe des circuits de solidarité de type familial ou de village – parfois de type tribal – qui fonctionnent en cas de nécessité extrême. Dans un pays où 83% de la population vit avec 1$ et moins par jour, et 75% avec 2$ et moins par jour, à quel point atteint-on l’extrême nécessité ? La réponse que les Éthiopiens de mon entourage ont donnée à cette question laisse rêveur en tant qu’occidental : être sans abri et sans ressources dans la rue, c’est un problème, certes, mais pas vital. Là où ça devient vital, c’est quand les personnes, en plus, tombent malades. À ce moment, elles peuvent faire appel à des membres de la famille ou du village établis en ville et plus fortunés pour un support temporaire : abri, nourriture, accès à des soins médicaux, pour la durée de la maladie. Lorsque la santé s’améliore, elles sont retournées à la rue.

En conclusion

L'accessibilité de la terre, on le voit, est le résultat de dynamiques complexes, incluant des décisions d'instances gouvernementales désireuses de soutenir le développement d'un type d'agriculture plutôt qu'un autre. Par contre quand les grands investisseurs se mettent de la partie, on assiste à la financiarisation de la terre, incluant les cultures. Cela change fondamentalement la dynamique en accentuant la spéculation foncière, entraînant à court terme une explosion des prix. La prolétarisation des fermiers - je préfère ne pas employer le terme «producteur agricole», qui renvoie aux dynamiques industrielles - sur leur propre entreprise, ainsi que la perte d'expertise, sont des manifestations de ces changements. Dans un prochain article, nous aborderons différentes solutions qui existent et fonctionnent bien, au bénéfice des fermiers travaillant leurterre plutôt qu’à celui des spéculateurs.


Lire la suite : À qui appartiennent les terres ?

Combattre le décrochage scolaire par la solidarité

Note utilisateur:  / 0

Le décrochage scolaire est un problème sournois qui guette beaucoup de jeunes. On peut affirmer sans trop se tromper qu’un élève sur quatre décrochera avant l’obtention d’un diplôme d’études secondaires. Le décrocheur, éloigné par un apprentissage pénible et difficile, attiré par l’attrait de l’argent, quitte ses études dans l’espoir de mener une vie à sa mesure. Il est le plus souvent confiné aux petits boulots et à une vie permettant difficilement de générer un sentiment d’accomplissement. Existe-t-il une solution à ce problème qui plombe la vie de tant de jeunes? L’expérience vécue par la communauté du Saguenay-Lac-Saint-Jean offre une avenue prometteuse et mérite qu’on s’y attarde.

Au début des années 90, Suzanne Veillette et Michel Perron, deux chercheurs oeuvrant maintenant à l’Université du Québec à Chicoutimi décident de passer à l’action. Ils ont mis en lumière la grande variabilité de l’accès aux études collégiales selon le lieu de résidence des élèves. Ce taux peut varier du simple au double dans les quartiers défavorisés. La réussite scolaire et l’ascension aux études supérieures ne sont pas uniquement une question de motivation, de persévérance, d’intelligence (!). Le phénomène est plus complexe et fait intervenir des facteurs économiques et sociaux qui deviennent des éléments importants dont on doit tenir compte. En fait le décrochage scolaire est également un phénomène social.

Lire la suite : Combattre le décrochage scolaire par la solidarité

Dynamiques récentes de luttes non violentes

Note utilisateur:  / 0

Résistance anticapitaliste et altermondialiste au Québec : l’Opération SalAMI

En mai 1998, la conférence de Montréal réunit des représentant-E-s des pays membres de l’OCDE pour discuter de l’AMI, l’Accord multilatéral d’investissement. Pour la modique somme de 1000$ chacun, les quelques 500 participants de la conférence tenue à l’hôtel Sheraton allaient apprendre et discuter les détails de l’AMI, un classique du modèle néolibéral, qui prévoyait accorder plus de libertés et de pouvoirs aux entreprises multinationales afin de favoriser les échanges. L’AMI s’est préparé discrètement, sans que les populations d’aucun des pays concernés ne soient informées ou consultées. Au moment où une fuite a forcé son dévoilement, le texte de l’AMI était prêt à 90% ! 

Lire la suite : Dynamiques récentes de luttes non violentes

Crise du droit ou crise du collectif ?

Note utilisateur:  / 0

À l’état actuel de notre civilisation, tout être humain considère comme condition sine qua non d’une vie épanouie un certain nombre de libertés et de créances.

L’émancipation, cette œuvre bâtie à travers des millénaires, ne doit pas pour autant occulter le fait que des libertés et des droits individuels sont encore souvent déniés par des législateurs ou la majorité de la population si elle estime qu’un contexte particulier est une raison suffisante de donner préséance à un choix collectif donné. Les droits individuels ne sont-ils pas souvent mis entre parenthèses pour aménager avant tout l’espace pour les droits collectifs  considérés comme prioritaires du fait qu’ils sont le dernier rempart de l’individu?  Les droits collectifs sont supposés garantir qu’aucun droit particulier ne soit brimé selon la loi du plus fort. Ce qui est une constante et un objet de séduction pour toutes les sociétés.

Lire la suite : Crise du droit ou crise du collectif ?

Dynamiques récentes de luttes non violentes (2)

Note utilisateur:  / 0

Résistance anticapitaliste et altermondialiste au Québec : l’Opération SalAMI

En mai 1998, la conférence de Montréal réunit des représentant-E-s des pays membres de l’OCDE pour discuter de l’AMI, l’Accord multilatéral d’investissement. Pour la modique somme de 1000$ chacun, les quelques 500 participants de la conférence tenue à l’hôtel Sheraton allaient apprendre et discuter les détails de l’AMI, un classique du modèle néolibéral, qui prévoyait accorder plus de libertés et de pouvoirs aux entreprises multinationales afin de favoriser les échanges. L’AMI s’est préparé discrètement, sans que les populations d’aucun des pays concernés ne soient informées ou consultées. Au moment où une fuite a forcé son dévoilement, le texte de l’AMI était prêt à 90% !

Lire la suite : Dynamiques récentes de luttes non violentes (2)

Open source productions