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Une vision bipolaire de l'économie

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Le texte qui suit est extrait du livre de Javier Medina paru en 2008: "Ch’ulla et Yanantin, les deux matrices civilisationnelles qui constituent la Bolivie". Ch'ulla est la matrice occidentale, Yanantin est la matrice indienne. Des extraits plus importants ont paru avec ceux-ci dans la publication de DIAL de décembre 2011. [NDLR].

 

 

1.- Unité et Parité

L’Occident et l’Indianité se différencient entre eux, parce que l’Occident parie sur l’Un : l’unité, l’homogène, l’impair, et l’Indianité sur le Pair : la parité, l’hétérogénéité. Du côté sémite : un seul Dieu, le monothéisme ; du côté grec, la monarchie, tout le pouvoir a l’Un. Du côté indien: le pair, la paire, le couple humain.

L’Unité, c’est l’impair, et cela se dit en quechua Ch’ulla. Parité se dit en quechua Yanantin. Ce qui signifie deux énergies antagonistes et complémentaires. Pour l’Indianité, le monde vient par paires, par couples, ce qui est différent de la formule 1 + 1. Celle-ci nous amène seulement au dualisme, qui est la forme sous laquelle le monothéisme approfondit la séparation, donnant lieu au manichéisme : « l’empire du Bien lutte contre l’empire du Mal », et un seul doit l’emporter.

1.1.- Du côté occidental

L’exemple emblématique de cette manière de penser est le monothéisme patriarcal de la tradition abrahamique. Il postule un Dieu masculin, en niant le féminin, B, l’autre énergie contradictoire. Cela, bien sûr, n’implique pas que les femmes aient disparu de la face de la Terre. Elles continuent à exister, mais dans l’ombre : elles n’existent pas symboliquement. La faiblesse de ce Principe est qu’il ne traduit pas la réalité empirique telle que tout le monde l’expérimente et sans laquelle la vie ne se reproduirait pas. […]

Ce principe logique dit qu’A n’est pas non-A. C’est-à-dire, que A et B ne peuvent pas être vrais en même temps et selon le même point de vue. […] Dit autrement, si j’ai raison, alors tu as tort. Si l’Occident a raison, alors l’Indianité a tort. […] Il n’existe pas de troisième possibilité, juste et fausse en même temps, ou ni juste ni fausse. […] Si j’ai raison, alors tu as tort. Une troisième possibilité (par exemple que toi et moi ayons raison en même temps, c’est-à-dire justement la contradiction, le paradoxe) est exclue. […]

1.2.- Du côté de l’Indianité

Au contraire de l’Occident, l’Indianité se base sur le principe de relationnalité : au commencement était l’Ayni . Ce principe affirme que tout est lié, relié, connecté avec tout. En conséquence, l’entité de base est la relation elle-même, et non pas les entités, les êtres, comme dans la métaphysique occidentale. […] Pour un Amérindien, un être totalement séparé et isolé, comme le Dieu monothéiste, est simplement inimaginable. Ce serait le degré maximum de l’abstraction, c’est-à-dire, un non-être. […]

Dit de manière quantique, l’énergie-matière est continue et discontinue en même temps : l’énergie est émise et absorbée en petits morceaux, quanta, et sauts (Constante de Planck) ; un photon est simultanément onde (Thomas Young) et particule (Einstein). Ce principe, formulé par Niels Bohr, de la complémentarité onde-particule pour le monde subatomique, Louis de Broglie l’étend à l’univers entier. […]

Toute l’opposition entre l’Occident et l’Indianité, entre le christianisme et l’animisme, est contenue dans ce fait. Pour l’Occident chrétien, la vérité est le lieu de la non contradiction ; pour l’Indianité animiste et pour le nouveau paradigme scientifique, la réalité (et a fortiori la vérité) est, justement, le lieu même du contradictoire.

2.- Application du modèle à l’économique

Au niveau économique, le modèle quantique s’exprime dans le fait que l’énergie fermionique, la fonction particule, se manifeste dans l’échange : l’énergie figée dans la monnaie. L’énergie bosonique, la fonction onde, se manifeste dans la réciprocité : l’énergie fluide de l’ayni, la minka , c'est-à-dire la collaboration mutuelle, etc. Encore une fois, comme chaque énergie contient son énergie opposée minimisée, ainsi également l’économie se trouve en tension entre deux énergies antagonistes : la pulsion à l’échange – argent, marché, accumulation – et la pulsion communautaire : ayni, fête, foire.

L’économie « complète » est donc la complémentarité de ces deux énergies, et non seulement l’une d’entre elles, comme tend à le penser l’Occident : l’échange, l’énergie figée dans l’argent.

Par échange, on entend la dynamique économique qui part de l’intérêt propre, avec l’objectif de s’enrichir et la finalité d’accumuler, pour avec ces ressources pouvoir acheter sur le marché les biens et les services nécessaires au bonheur.

On entend par réciprocité la dynamique économique qui part de la nécessité de l’Autre, avec l’objectif de produire une relation affective, … de façon à former une chaîne de dons et de contre-dons qui rende possible la vie en relation et en harmonie avec non seulement l’entourage social, mais également l’entourage rituel et cosmologique.

            Dans d’autres travaux, Javier Medina, avec Dominique Temple, montre que l’économie des peuples indigènes n’est pas une sphère autonome. L’économie, la production, ne peuvent pas être séparées de la spiritualité, du social, etc. La chacra (le « champ » des agriculteurs andins) est beaucoup plus qu’un moyen de production. Elle est le lieu dans lequel se tisse les liens entre les membres de la communauté humaine, et entre les différentes communautés (humaine, naturelle et surnaturelle). La chacra est à la fois « atelier » (dimension productive non aliénée), « temple » (lieu de relation avec la transcendance), « place du village » (lieu de socialisation), « école » (lieu d’éducation), etc.

3.- L’Occident et l’Indianité

Cela dit, il faut ajouter que le principe de réciprocité est incompatible avec certaines notions transcendantales de la civilisation occidentale. L’Occident est une civilisation unidimensionnelle. Avec la physique quantique, elle commence à changer, à partir du monde universitaire. Mais cela n’empêche pas qu’elle comprenne les relations de manière unidirectionnelle. Cela signifie que l’Homme exploite, au travers du travail et de la technologie, la terre qui est comprise comme passive et inerte, pour la transformer en produit, c’est-à-dire, en richesse.

Pour l'Amérindien, au contraire, travailler, c’est élever, cultiver la vie. La réciprocité implique une compréhension interactive de la réalité. Dit autrement, la réciprocité est la recherche d’un équilibre contradictoire entre les forces d’inclusions et d’exclusion. […]

Je sais que, dans ce contraste, l’Occident ne paraît pas à son avantage, et j’en suis désolé ; il nous arrive la même chose que les physiciens du premier quart du XXeme siècle, lorsque l’expérimentation scientifique changeait la vision de la matière-énergie, de l’espace-temps, de la vie et de la mort. Il y eu également de fortes résistances. […]

L’Autre est en nous, ce n’est pas une extériorité absolue. Tout Occidental a en lui un Indien réprimé, et tout Indien a en lui un Occidental auquel il résiste. […] «L’Indien», ce sont les pulsions holistes, écologiques, systémiques, communautaires ; les valeurs qui sourdent de la réciprocité, de la recherche de l’équilibre : le qualitatif. «L’Occidental», ce sont les pulsions linéaires, sectorielles, séquentielles, individualistes ; les valeurs qui sourdent de la liberté, du progrès, du développement : le quantitatif. Mais tous, Indiens et Occidentaux, nous possédons ces deux dimensions, c’est seulement que l’une domine l’autre.

Le pas suivant est de comprendre l’Autre comme notre complémentaire. Il faut démonter le modèle newtonien obsolète de lois absolues et universelles. L’univers est plutôt relativiste, probabiliste, contextuel. C’est là la condition de possibilité d’un dialogue de civilisations. […]

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