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Musique et religions

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Depuis quand la musique est-elle associée aux religions et à leurs cultes? Il serait difficile de le dire de façon même approximative, pas plus qu'on ne peut dater l'apparition du phénomène religieux parmi l'humanité préhistorique. Mais on sait par exemple que les vieux manuscrits hébreux de la Bible comportaient, en parallèle avec les lignes de lettres, une ligne de caractères dont on avait perdu la signification. Ce n'est que durant la seconde moitié du vingtième siècle qu'une musicienne, aidée d'un ordinateur, a pu par essai-erreur redécouvrir la correspondance entre ces divers caractères et les notes de musique. Il est intéressant de remarquer que cette notation musicale n'accompagne pas seulement les Psaumes et autres cantiques dont on avait de bonnes raisons de penser qu'ils étaient chantés dans le Temple ou accompagnés par la musique des instruments de l'époque. Même les textes à caractère historique, doctrinal ou sapientiel pouvaient être chantés en suivant la mélodie indiquée.

Plus tard, le Christianisme a développé ses propres musiques pour le chant des Psaumes et les offices divins. Les mystiques eux-mêmes se sont parfois sentis obligés d'exprimer avec de la musique ce que les mots n'arrivaient pas à transmettre de leur expérience de l'ineffable. Que l'on pense par exemple à Hildegarde de Bingen.

Ensuite, les compositeurs de l'époque baroque se sont emparés des thèmes religieux, ce qui leur permettait de gagner leur vie, et ils ont produit des œuvres magnifiques, mais pas forcément toutes propices à la prière. Voilà ce qu'écrivait Hélène Foglio en 1982: "Trop longtemps nous nous sommes contentés, à l'église, d'écouter passivement de belles musiques sacrées, qui font obligatoirement référence à l'affectivité et à la sensibilité. Nous tombons alors dans le domaine de l'art, non dans celui de la religion et le risque est de nous laisser porter par l'émotion esthétique et d'oublier le religieux.

À l'inverse, l'adhésion personnelle étant trop sollicitée par ce genre de musique on peut aussi se crisper sur un refus si la sensibilité de l'auteur ne coïncide pas avec la nôtre. Dans les deux cas, ce style de musique, même s'il a produit des chefs-d'œuvre de l'art sacré, que nous apprécions en esthètes, peut constituer un obstacle à la réalisation spirituelle. Dans le mantra et les chants occidentaux de type mantrique, ce n'est pas la beauté extérieure qui constitue le but à atteindre, mais l'adéquation entre les vibrations du chant et la vérité intérieure de l'homme. Il va sans dire que pour qu'une telle fusion puisse se produire, il faut évidemment que l'exécution vocale soit parfaitement correcte, mais elle ne constitue pas un but en soi."

Il est à noter que l'introduction de l'orgue dans la musique religieuse a représenté un progrès ambigu. Commodément, l'orgue a soutenu ou remplacé la voix humaine et très souvent la qualité musicale du culte y a gagné. Mais la musique a capella des liturgies orthodoxes est souvent plus priante que les musiques accompagnées. Plus exigeante aussi pour les chorales. Toutes les langues ne conviennent pas d'ailleurs, au niveau vibratoire, à un chant religieux qui soit prière. C'est en particulier le cas du français et de l'anglais. Il semble que seules certaines langues, que l'on pourrait qualifier de sacrées ont les profondeurs métaphysiques et les vertus vibratoires indispensables à l'expression religieuse. Dans les langues dites sacrées, nous pourrions inclure, outre le sanskrit et l'hébreu, le latin et le slavon. On pourrait en quelque sorte dire que les langues sacrées amènent au silence où l'être humain est en condition d'écoute véritable.

Citant à nouveau Hélène Foglio, je dirais que: "considéré trop souvent comme un simple support, le chant est lui-même prière. Surgi du fond de l'être, il est expression totale de l'homme …Physiquement lié au souffle, il permet une prise de conscience profonde du corps: tout d'abord, de l'expansion thoracique et de la sensation d'ouverture au monde et d'euphorie qui l'accompagne. Puis de l'abdomen, centre des forces vitales de l'homme, lieu d'émergence de l'énergie universelle en lui, lieu de communication et de créativité par la sexualité qu'il peut transmuer en force spirituelle". À ce titre, il est intéressant de remarquer comment les diverses musiques religieuses agissent sur les centres énergétiques situés le long de la colonne vertébrale:

  • En moyenne, le chant grégorien et la psalmodie occidentale ne rejoint que les centres énergétiques situés au dessus de la ceinture.
  • Par contre, le chant orthodoxe part du bas de la colonne vertébrale, tout en agissant aussi haut que le grégorien. C'est le cas également pour certaines musiques religieuses africaines. Je pense ici en particulier au rite congolais. C'est l'être tout entier qui entre dans sa prière.

Notons cependant que certains centres spirituels, comme la communauté monastique œcuménique de Taizé qui s'adresse particulièrement aux jeunes, ont su, en empruntant des thèmes au chant grégorien pour les répéter comme des mantras, redonner à l'expression musicale sa dimension de prière qui ouvre sur le silence et la méditation.

Cette recherche de communication avec l'au-delà peut aussi engendrer des états de transe qui pour certains peuples peuvent être associés à l'expérience religieuse, même s'ils effraient parfois nos mentalités occidentales. Il s'agit souvent d'un état de communication avec la création tout entière, à cent lieues de nos schémas rationnels.
La Joie, à laquelle la musique religieuse devrait normalement nous introduire, a des manifestations diverses, qui vont d'un sentiment de plénitude intérieure silencieuse à l'exubérance et à la danse effrénée. Les chants sacrés,  comme le Dieu qu'ils célèbrent ou aident à rejoindre, ne peut se limiter à une formulation unique. Nos sœurs et frères africains auraient beaucoup à nous apprendre sur la façon d'introduire la Joie-en-Dieu dans nos célébrations occidentales. Le souvenir du visage épanoui des chanteurs et chanteuses des chorales de certains villages africains demeure en moi pour égayer certaines célébrations trop ternes ou dénuées d'âme, sinon de musique, auxquelles il m'arrive de participer. Les concerts Gospel sont plus attrayants.
Certaines Églises chrétiennes, tels les Pentecôtistes et des Évangélistes ont des célébrations joyeuses qui attirent les foules. Leurs musiques religieuses parviennent bien à relier les gens entre eux, ce qui est une des significations du mot religion. Il n'est pas toujours sûr que pour autant elles les relient à leur Moi profond, là où certains situent notre rencontre avec Dieu. Mais rencontre avec Dieu et rencontre avec l'autre peuvent-elles aller l'une sans l'autre? En cas de réponse négative à cette question, la musique religieuse aurait à s'adapter dans le temps pour accompagner le processus de croissance des êtres humains.

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