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Le syndicalisme du XXIe siècle

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Gérald larose

selon Gérard Larose

Pour un grand nombre, en pays économiquement avancés, la démocratie semble avoir pris son tournant le plus décisif avec l’émergence du mouvement syndical. En Amérique du Nord, les syndicalistes estiment que la révolution fordiste correspond à un moment important de la démocratie occidentale; ils demeurent les promoteurs de l’idée selon laquelle, pour les citoyens, la démocratie réelle se mesure au pouvoir économique, aux capacités d’imposer un rapport de force dont dépendent des acquis sociaux.
Dans ce numéro de Vents croisés, où l’on s’interroge sur l’avenir de tous nos acquis démocratiques, il était indispensable de s’interroger sur les attentes à fonder sur le syndicalisme.
Gérald Larose, ancien Président de la CSN (Confédération des syndicats nationaux), nous offre ses observations, réponses à nos principales questions.

Vents croisés.Nous sommes venus échanger avec vous sur l’émergence du mouvement syndical en Amérique du Nord et des orientations qu’il pourrait se donner à ce 21ème siècle. Quelle est votre idée générale à ce sujet?
Gérald Larose. Le syndicalisme épouse grandement  les contours de la société dans laquelle il se déploie. C’est-à-dire qu’il entre en crise au même rythme que la société.
Au Québec, en particulier et en occident en général, le syndicalisme a été moulé sur la société fordiste; après la crise de 1929, au monde du travail, Roosevelt a proposé ce qui s’est appelé le New Deal : qu’on laisse la paix au patron pour qu’il développe ses activités selon ses visées et qu’en retour il prenne trois engagements : a) reconnaître que les ouvriers peuvent s’organiser; b)  se soumettre à la négociation et c)  partager une partie des richesses produites par ses ouvriers.
Ce qui est une révolution parce qu’ainsi la classe ouvrière, c’est-à-dire les travailleurs, se sont vu reconnaître une personnalité; collectivement, ils sont devenus  des acteurs. Ce qui n’était pas le cas pour eux individuellement.
Par le syndicalisme ils sont devenus des acteurs sociaux, économiques, politiques et même idéologiques.
En observant tout cela avec recul, on s’aperçoit que, globalement, le syndicalisme est un attribut de la création du salariat, du moins si on parle du syndicalisme d’aujourd’hui -je parle du syndicalisme d’aujourd’hui, parce qu’avant lui, on a parlé du  syndicalisme révolutionnaire, syndicalisme pour l’amélioration des conditions de vie, etc.
Essentiellement donc, l’objectif du New Deal de Roosevelt fut de réguler le marché du travail. À côté du patronat et l’État qui étaient déjà des acteurs organisés, il y eut le syndicat. C’est ce triptyque qui a caractérisé la société fordiste. Et les 30 glorieuses ont été un espace extraordinaire de  déploiement de ce triptyque. Il valorisa  le salariat, ce rapport où les individus ont à rendre disponibles leur force de travail moyennant une rémunération.
Tout ce détour pour dire que le syndicalisme est entré en crise en même temps que le salariat et le modèle fordiste, et qu’aujourd’hui la reconfiguration n’est pas terminée. Des morceaux cèdent et on en construit d’autres.
VCR. Depuis longtemps cependant, les syndicats ne sont pas dans la rue pour les seuls salariés…
G.L. Dès la crise du fordisme, le syndicalisme québécois, et cela est essentiellement dû à son caractère pluriel,  a beaucoup innové, il a ouvert de nouveaux champs qui ne se sont pas développés ailleurs (aux États-Unis ou en Europe).

  1. Se redéployant dans le développement économique, il s’est profondément impliqué dans le développement économique via les fonds des travailleurs, le Fonds de solidarité de la FTQ et  le Fondaction de la CSN. Auparavant il y avait eu la réunion des caisses d’économie de la CSN. La CSN elle-même avait triplé son service de recherche. Etc. Nous sommes au début des années 80.
  2. Jadis le mouvement syndical était un mouvement englobant. En étant à la CSN, on pouvait s’intéresser à toutes les questions. C’était une organisation qui portait l’ensemble des revendications. À partir des années 1980, il y a eu dans le mouvement social un fort élan de spécialisation. Le mouvement est devenu plus diversifié avec beaucoup d’organisations s’exprimant sur de nombreux fronts selon plusieurs spécialisations (défense de droits, écologistes, féministes, etc.). Le mouvement social s’est horizontalisé. Mais le vaisseau amiral, à tout le moins au Québec, est demeuré le syndicalisme. Bien organisé et avec beaucoup de ressources, il est un allié de taille. Il fait régulièrement partie des diverses alliances et des coalitions. Un exemple. Pour contrer la  mondialisation, s’est développé ici ce qu’on a appelé  Alliance sociale continentale . Elle rejoignait tout ce qui bougeait (mouvements syndicaux, féministes, écologistes, autochtones, groupes d’orientation sexuelle diverse, de coopération internationale…) de la Terre de Feu à l’Arctique. Le Québec et le Canada citoyens se sont beaucoup impliqués dans cette alliance. Le mouvement syndical au premier chef. L’Amérique latine s’en est inspirée.
    Un autre exemple  récent plus récent, la manifestation qui a eu lieu en avril 2008 sur la santé. Elle a réuni étudiants, églises, personnes âgées et mouvement syndical. Le mouvement syndical québécois porte des revendications qui débordent le seul champ du travail. Son combat est aussi social.
    VCR. Les enjeux importants aujourd’hui, quels sont-ils?
    G.L. Je citerai quelques enjeux colossaux :

    1) Comment faire pour rendre disponible l’approche syndicale à des travailleurs qui ne correspondent pas à la définition fordiste de travailleur mais davantage à des travailleurs autonomes? Il est difficile de rejoindre les travailleurs autonomes. Par définition, des travailleurs autonomes  ne sont pas regroupés car ils n’ont pas un employeur unique mais plusieurs employeurs. Comment regrouper les employeurs? Par une disposition légale du code du travail qui dès qu’il existe un regroupement de travailleurs autonomes seraient obligés de se regrouper eux-mêmes pour satisfaire à l’obligation de négocier  inscrit dans le code du travail depuis le New Deal de Roosevelt. Cette disposition n’existe pas. Et donc, l’esprit du New Deal de Roosevelt n’est pas respecté.

2) Un autre défi important est de rencontrer les nouveaux enjeux de société. Le problème s’est toujours posé au milieu syndical. Mais aujourd’hui, il se pose avec des difficultés supplémentaires. Par exemple, la défense du secteur public, notamment dans le domaine de la santé : comment le faire sans que cela n’apparaisse comme une défense d’intérêts  corporatistes?

Par définition, le mouvement syndical existe d’abord  pour la défense des intérêts des gens qu’il représente. Mais il fait beaucoup plus. Il est aussi  un milieu de large revendication sociale. C’est ainsi que le mouvement syndical a été, les années 40 et 50 jusqu’aux années 70, le berceau de la Révolution tranquille. Tous les grands acteurs travaillaient à la CSN et,  avant la CSN, à la CTCC.

Aujourd’hui, comment donc se porter à la défense du dispositif public sans être corporatiste? Il n’y a pas 56 manières : il faut se porter à la promotion du renouvellement des pratiques professionnelles à l’intérieur du fordisme, à la réorganisation du travail. Il faut introduire davantage de possibilités de formation continue, etc.
VCR. Le soutien syndical non corporatiste, n’est-ce pas le fait rare des périodes où des intérêts majeurs semblent en jeu ; qu’on évoque le soutien au mouvement des femmes ou qu’on parle du fameux front commun de 1972?
G.L. Oui,  c’est grâce à la puissance syndicale que des acquis importants ont été arrachés.
Oui, c’est par la puissance du mouvement syndical qui s’est trouvé en alliance objective
avec les mouvements des femmes -d’abord sur l’égalité salariale, ensuite sur l’équité salariale et les congés parentaux- que la condition de celles-ci s’est améliorée. De même, en ce qui concerne les Centres de la petite enfance; ils n’auraient pas existé n’eût-été la décision de syndiquer à peu près 20% des garderies à l’époque.
Le Front commun de 1972 fut quand même un front commun syndical parce que, à la fin des années 60, la santé devenait un secteur de l’État alors qu’il avait été géré par l’Église, avec des disparités de tous ordres. L’harmonisation de toutes ces conditions-là s’est faite dans le creuset syndical du début des années 1970.  
Au milieu des années 80 eut lieu  le fractionnement des différents fronts de lutte. Alors s’est développée et  imposée, comme je le disais plus haut,  une pratique plus constante des alliances. Avant,  les syndicats décidaient de la direction à prendre et tout le monde suivait. Aujourd’hui, l’orientation se débat et se décide collectivement avec toutes les organisations avant la réalisation du plan d’action.   (Lire la suite dans Vents croisés numéro 16, 2009)
(...)     Propos recueillis par S. K. Katchelewa

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