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La responsabilité sociale

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Jean-Guy Vaillancourt

Vents Croisés a interviewé le professeur Jean-Guy Vaillancourt, sociologue, sur le thème de la responsabilité sociale.

La responsabilité sociale, qui est une forme de solidarité sociale, est devenue un enjeu fondamental dans nos sociétés actuelles. C'est aussi un thème majeur qui a pris beaucoup d'importance depuis quelques années, y compris dans les milieux francophones de la planète. C'est aussi le cas pour la notion de développement durable avec lequel la solidarité et la responsabilité sociales entretiennent d'étroites affinités. L'ouvrage Développement durable et Responsabilité sociale vient d'être publié par trois sociologues de l'environnement qui représentent des générations, des formations et des expériences différentes. Ce livre nous transporte au cœur des débats contemporains sur les thèmes énoncés dans le titre et sur d'autres sujets brûlant de l'heure touchant à la solidarité et à la responsabilité sociale, à savoir les mouvements sociaux alternatifs comme l'écologisme et l'altermondialisme. Plus précisément, il parle entre autres de commerce équitable, d'économie sociale, d'agriculture biologique, d'investissement responsable et de la certification forestière.

Ce livre est en fait le dernier venu d'une série de quatre ouvrages collectifs que Corinne Gendron et Jean-Guy Vaillancourt ont publié depuis dix ans chez quatre éditeurs québécois différents, avec la collaboration d'une brochette de spécialistes et d'experts en sciences sociales de l'environnement. Le premier traitait des choix énergétiques des québécois, le second du développement durable et de la participation publique, et le troisième des défis de l'interdisciplinarité dans les sciences sociales de l'environnement.
Le quatrième ouvrage, celui sur le développement durable et sur la responsabilité sociale se situe dans la foulée des trois autres et il mérite tout particulièrement d'être lu et approfondi par les militants des mouvements sociaux et par les autres acteurs sociaux et penseurs progressistes qui travaillent à faire avancer les nobles causes économiques, environnementales et sociales qui nous tiennent à cœur. Or ces causes ne progressent pas aussi rapidement que nous le voudrions, faute souvent de connaissances capables de les éclairer adéquatement.
Le livre comprend une dizaine de chapitres rédigés par des auteurs canadiens et européens. Il est co-édité par la sociologue économique Corinne Gendron, titulaire de la chaire en développement durable et responsabilité sociale  et professeur-chercheur à l'École des Sciences de la gestion de l'UQAM, Jean-Guy Vaillancourt, écosociologue retraité de l'Université de Montréal et lauréat en 2009 du Prix Michel-Jurdant en environnement de l'ACFAS, et René Audet, nouveau docteur en sociologie de l'UQAM, post-doctorant à l'Université d'Ottawa et chargé de cours en sociologie de l'environnement à l'Université de Montréal. Avec la permission de leur maison d'édition, ils ont accepté que Vents Croisés publie dans ce numéro sur la solidarité des extraits substantiels de l'ouvrage. Nous avons retenu des passages qui sont en lien avec l'écosociologie que l'on peut comprendre comme un démarche d'institutionalisation de la solidarité avec les générations futures et avec les autres créatures, animées ou inanimées de notre monde. Ils sont extraits d'un chapitre intitulé:

«Une écosociologie du mouvement vert québécois aujourd'hui».

«L'écosociologie s'intéresse au rapport entre la société d'une part, et les problématiques qui touchent à l'écologie comme l'énergie, la pollution, les pluies acides, les déchets, les changements climatiques et le développement durable d'autre part. En outre, l'écosociologie étudie la perception  de ces phénomènes par les acteurs sociaux, comme le mouvement vert, et les diverses tendances qui sous tendent les idéologies vertes et les préoccupations de cet ordre. Il s'agit d'un secteur de recherche primordial pour comprendre comment les enjeux environnementaux en général et le développement durable en particulier se diffusent dans les représentations sociales et, par la suite, dans les institutions …. Si, comme le suggère le titre de cet ouvrage, on peut s'attendre à un passage de la mobilisation à l'institutionnalisation des idées environnementalistes, notre écosociologie du mouvement vert québécois aura une utilité certaine pour aider les partisans de ces dernières à repérer les lignes de fragmentation qui desservent les efforts de mise en œuvre du développement durable à tous les niveaux de la société.

« Historiquement, le mouvement vert a évolué dans plusieurs directions. Dans toutes les tendances de l'écologisme, de nombreux groupes se sont formés dès les années soixante et même avant et rares sont ceux qui ont disparu ou se sont affaiblis depuis lors. Pionniers de la pensée environnementaliste, les premiers conservationnistes (par exemple, les Jeunes Naturalistes) avaient pour principale préoccupation de conserver une "nature" perçue comme pure et sauvage, mais mise en danger par l'exploitation débridée des ressources naturelles dans la société industrielle. Il faut les distinguer des environnementalistes des années 1960 et 1970, représentés par des groupes comme la Société pour vaincre la pollution (S.V.P.) et la Society to overcome pollution (STOP), qui luttaient contre la pollution et pour protéger un environnement tout autant naturel qu'urbain. Les écologistes ont ensuite tout à la fois radicalisé et élargi ces luttes en soulevant la question des liens entre l'écologisme d'une part, et le féminisme, la paix, les droits humains et la solidarité internationale d'autre part.
« Malgré ces différentes conceptions de ce qu'on appelait déjà "la crise écologique", les verts de diverses tendances ont souvent tenté de se regrouper dans de larges coalitions comme le Réseau des groupes écologistes québécois et les Conseils régionaux de l'environnement. Le mouvement vert continue aujourd'hui cette difficile pratique de coalition et déborde maintenant dans des douzaines d'alliances fortement médiatisées grâce à des collaborations multiples, par exemple avec des artistes qui tentent de sauver nos rivières (Eau Secours) et nos forêts (Aux arbres Citoyens, Action boréale) et même avec des juristes comme ceux du Centre québécois du droit à l'environnement qui luttent contre les poursuites-baîllons, par exemple …. Dans le sillon de la création des programmes universitaires en sciences de l'environnement dans les années quatre-vingt, les verts s'allient aussi aux experts et chercheurs de plus en plus nombreux en environnement, et ils sont eux-mêmes de mieux en mieux formés et de plus en plus actifs.
« Aussi, bien que le mouvement vert québécois se renouvelle continuellement, il n'est plus un mouvement de jeunes militants enthousiastes ayant peu d'expérience et de connaissances. C'est maintenant une force incontournable de gens bien informés soutenus par les média (pensons entre autres à Louis-Gilles Francoeur au Devoir et François Cardinal à La Presse). Il y a 25 ans, c'était beaucoup de trouver trois articles ou une émission par semaine qui touchait l'environnement. Aujourd'hui, c'est quotidiennement qu'il y a de nombreuses informations écrites, parlées et télévisées qui insistent sur l'importance de la protection de l'environnement ou qui diffusent des images des menaces et des destructions qui continuent. C'est là sans aucun doute un effet de l'institutionnalisation du mouvement et de la cause qu'il défend.
« Après un repli durant les années 1980, quand le mouvement pour le désarmement et la paix a en quelque sorte pris la relève, le mouvement vert a repris son essor lors de la prise de conscience des changements climatiques, des menaces accrues à l'égard de la biodiversité et de la nécessité du développement durable ou de la décroissance conviviale. Le Sommet de la Terre de Rio en 1992, et celui de Johannesburg en 2002, ont sonné l'alarme générale. En fait, depuis la fin de la guerre froide et l'éclatement de l'URSS, l'environnement est devenu une des principales préoccupations de l'opinion publique mondiale et aussi de l'opinion publique au Québec, même si les idées et les paroles ne se répercutent pas toujours dans des actions concrètes….
« Actuellement, la conscientisation à la protection de l'environnement s'étend largement au-delà des membres du mouvement vert et, de plus, elle jouit d'une crédibilité croissante. De plus en plus de gens, dans tous les secteurs de la société, s'intéressent au problème et s'impliquent aussi dans les actions et les mobilisations vertes. Le mouvement s'est largement institutionnalisé, mais inversement la plupart des institutions ont développé des perspectives vertes, malgré le manque d'implication concrète des partis politiques traditionnels et du milieu des affaires. Les verts demeurent prophétiques, mais ils sont devenus plus pragmatiques….
Conclusion
« En somme, le mouvement vert québécois actuel est beaucoup plus qu'un autre mouvement social parmi d'autres. C'est un mouvement très vaste qui pénètre et qui lutte partout, et qui est en train de repositionner les humains dans la nature et dans la société, en allant du local à l'international, et du spécifique au global. Ce mouvement social n'élimine toutefois pas les clivages plus anciens, comme celui porté par la question nationale, et qui semble plutôt exacerbés par la crise environnementale qui nous menace».

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