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Foi et certitudes

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L'incertitude est probablement le facteur le plus important dans la genèse des religions. Le dieu devient l'explication de l'inexplicable et de l'inexpliqué: nos origines, certains phénomènes naturels, surtout ceux qui nous angoissent. Les rituels et les sacrifices sont là pour nous concilier les bonnes grâces des divers esprits divins dont dépendrait notre sort. Comme cela ne suffit pas pour que le monde soit paradisiaque, il faut désigner un certain nombre de responsables de nos malheurs et du courroux des dieux et en faire autant de boucs émissaires. Dans la plupart de cas, ce seront "les autres", c'est-à-dire les femmes, les réactionnaires, les terroristes; car les idéologies s'apparentent aux religions, même s'il n'est pas accepté ou acceptable de le reconnaître.

Le danger des certitudes n'est pas, je pense, à démontrer. Certains vous diront qu'il n'y a pas d'incertitude dans l'Islam, ce qui expliquerait son succès auprès de populations en mal de certitude. Mais la façon dont George W. Bush priait avant d'ouvrir les réunions où il décidait du sort du monde ne peut-elle aussi être vue comme une façon de mettre la certitude du Bien de son côté, plutôt que d'avoir à écouter l'intelligence du cœur qui décidément ne comprend rien aux intérêts économiques?

Au-delà du Dieu défini par les religions qui cherchent à calmer nos angoisses, il y a le Dieu des saints et des mystiques qui est bien différent de toutes nos représentations matérielles, intellectuelles ou psychiques, voire spirituelles. Eux ont expérimenté la nécessité de vivre l'incertitude, la pauvreté en esprit, pour que la présence de Dieu, son "Royaume", puisse se manifester à eux. Le mystique Jean de la Croix a exprimé une assurance qui ne manque pas d'incertitude dans un poème dont voici quelques strophes:

Je sais bien moi la source qui jaillit

et qui court, mais c'est dans la nuit.

Cette source éternelle est enfouie

mais moi je sais bien où elle vit,

mais c'est dans la nuit...

Sa clarté n'est jamais obscurcie

et je sais que d'elle toute lumière luit,

mais c'est dans la nuit...

Même celui que certains appellent le "Dieu qui est en moi" risque d'être trop défini. N'est-il pas plutôt "Celui qui me cherche" ? Il est l'Être et il veut que nous soyons. Sa volonté, c'est à dire son désir pour moi, est à inventer chaque jour. Le commun des mortels dont nous faisons partie a sans doute besoin d'un Dieu aux exigences moins floues, surtout quand nous recherchons précisément à nous rassurer face au mystère de la mort. Alors le discours religieux a cherché à s'adapter au point où nous en sommes. Mais il est souvent le fait d'intellectuels qui prennent leurs convictions pour des certitudes, lesquelles certitudes deviennent vite des vérités. On oublie alors que les nuages sont aussi porteurs de vie et l'on se retrouve à cents lieues de l'incertitude des mystiques ou du questionnement des prophètes.

De toutes façons, même à partir des mêmes mots pour le dire, chacun ou chacune de nous aura "son" Dieu, son image de Dieu. Si une personne affirme être certaine que Dieu existe, cette certitude, et la vision du monde qui peut en découler pour elle est digne de respect mais ne vaut que pour elle et pour ceux et celles qui lui feraient confiance. Par exemple, on peut jeûner pour faire pénitence comme les chrétiens, pour ressentir dans sa chair le dénuement des pauvres comme les musulmans, ou pour se sentir plus proche de Dieu comme les mystiques.

"Qui suis-je ?" La question n'est pas nouvelle. La réponse peut l'être chaque jour si l'on s'ouvre au mystère de la Vie. Le fronton du Temple de Delphes nous renvoyait déjà à nous-mêmes: "Connais-toi toi-même". Cela n'apparaît pas comme une voie sûre vers la certitude. Pour certains, la seule certitude semblerait être la mort. Heureusement que pour d'autres elle est aussi mystère. La docteur Kübler-Ross l'appelle la dernière étape de la croissance. Je préfère parler d'une autre étape possible de la croissance, ce qui me semble mieux respecter son mystère et sa dimension d'incertitude. La seule certitude serait-elle ce "Je suis", non défini mais certain, qui est aussi le Nom que Dieu se serait donné à lui-même, par opposition à tous ceux dont on l'a affublé ?

Notre "moi" est questionnement, questionnement infini. Comme l'écrit Jean-Yves Leloup dans son livre "Manque et plénitude", "Si grand est dans l'homme le désir d'infini qu'il est prêt à «infinitiser» n'importe quel veau, qu'il soit d'or ou de paroles mystiques, pourvu qu'on le dispense de penser et qu'on le délivre de cette lourde tâche qu'on appelle liberté. Cherchant qui adorer, l'homme est capable d'adorer le premier venu, pourvu que celui-ci le fascine assez pour lui dire ce qu'il a à faire, pour son bonheur et pour le bonheur de l'humanité, et le délivre de toute responsabilité". En particulier, la responsabilité de croître, d'avancer.

Or le but est le chemin. Jésus de Nazareth se serait présenté comme Chemin, Vie, Vérité; voie vers la justice, vie que ne limite pas la crainte de la mort, opposition à la vérité officielle et figée des prêtres de son temps. Avant lui, le Prince Gautama avait dû quitter la vérité aseptisée et les fausses certitudes du palais familial pour s'ouvrir à la réalité multiple et variable du monde qui l'entourait et pouvoir atteindre l'état de Bouddha. Plus tard Mahomet, parce que sa vérité dérangeait, dû fuir La Mecque. Le calendrier musulman ne compte pas les années depuis sa naissance mais à partir du début de cette errance.

Les religions ont orienté les êtres humains vers l'amour de l'autre et l'amour du Tout-Autre. Ont-elles su assez insister sur l'amour de soi. Non pas l'amour d'un "moi" idéal, tel que défini par les modèles religieux ou culturels. Mais l'amour du moi que nous sommes avec ses limites et son potentiel mystérieux. La Bible juive parle d'aimer son prochain comme soi-même. Les religions ont eu tendance à oublier la seconde partie de la phrase. Mais ce déficit d'amour de soi risque d'aboutir, sinon au rejet de l'autre, du moins à le tolérer, voire à l'aider, au lieu de l'aimer.

Or l'amour est intimement lié à une forte incertitude, incertitude sur soi, incertitude sur l'autre. On associe souvent à l'amour le mot "fidélité" que l'on comprend trop souvent comme une chaîne que l'on se mettrait autour du cou. Mais fidélité vient du latin "fides" qui signifie "Foi". La fidélité est la foi en l'autre. L'autre, l'être aimé, est aussi indéfinissable que Dieu. Nous n'arrivons même pas à percevoir qui il est. À plus forte raison qui il est appelé à être; pas plus que lui-même d'ailleurs. Nous avons à nous découvrir nous-mêmes, lui et nous, et l'amour est chemin vers cette "co-naissance", comme pour la foi religieuse. Dans son livre "Paraboles au quotidien", Alain Houziaux écrit:

"Un jour tu verras le Nom de l'invisible écrit sur l'eau vive.

Alors, recueille délicatement cette eau dans la paume de tes mains.

Et bois-la.

Un jour, tu verras dans les yeux vides de ton conjoint une rivière qui t'attend.

Alors approche tes lèvres de ses paupières.

Et bois leur silence."

 

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